ONG et Médias

Publié le par Jennifer Veerapen

L’image choc fait vendre c’est bien connu, plus le public est frappé, plus il sera touché, c’est évident.
 
On comprend alors fort aisément l’utilisation d’images « choc » dans les campagnes humanitaires, après tout le but est de récolter un maximum de dons pour pouvoir aider les personnes en difficulté.
 
C’est dans ce cas où se pose la question de l’éthique, en effet pour la défense des animaux ou de la nature, les campagnes sont informatives et nous mettent face à une réalité d’une espèce en voie de disparition ou d’une destruction de forêt…
 
Il en va différemment lorsqu’il s’agit de parler de personnes…
 
Et c’est un problème constant dans la communication des ONG, parce que l’action quelque qu’elle soit nécessite un respect de la dignité humaine, or parfois on se demande bien jusqu’où cela peut aller…
 
Par les campagnes, mais aussi et surtout dans le présentation du message télévisé, on a parfois l’impression que la misère d’autrui est exploitée, que c’est un instrument de promotion de l’image des ONG…
 
Le constat est rude dans le sens qu’il est évident qu’il ne s’agit pas de dire que les ONG se satisfont du malheur des personnes auxquelles elle viennent en aide…ce serait une aberration et heureusement, il n’en est pas ainsi : les personnes travaillant au sein d’associations sont volontaires, engagées et dévouées à leur mission.
 
Ce qui est critiquable en revanche c’est que l’image des victimes semble souvent contraire à l’éthique des ONG…
 
Régis Debray écrivain, médiologue et philosophe émérite a justement dit : « Vus de loin tous les blessés se ressemblent ; toutes les guerres aussi ; il n’y a plus que des corps, et non des hommes, porteurs de telle ou telle valeur ».
 
Le risque est celui-là d’oublier que ce sont des personnes que nous voulons aider, et que vouloir les aider ne doit pas passer par une atteinte à leur dignité.
 
 
 
Ces photos de l’après Tsunami sont réalistes certes, mais était-ce bien utile d’en arriver là ?
 
 
Même s’il est nécessaire de montrer la réalité des problèmes et des conséquences de catastrophes, il faut trouver un moyen de le faire dans le respect d’une certaine éthique, ce qui par ailleurs donnera plus de crédibilité aux ONG.
 
Par ailleurs, le nombre croissant d’ONG a semble t-il créer une compétition entre elles, qui a contribué à l’évocation de « marché humanitaire », montrant les ONG comme des entreprises soucieuses de leur promotion, et avides de publicités institutionnelles…
 
Les ONG ont donc besoin de se recadrer sur l’importance de leur mission, et communiquer plus simplement mais aussi et surtout plus justement…
 
Pour y parvenir, le chemin sera sans doute long, en ce que la médiatisation est de plus en plus grande : les actions humanitaires constituent actuellement un phénomène de société que les médias comptent bien utiliser…
 
 
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Publié dans Communication

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