Le travail c’est la santé, le travail permet d’exister. Le travail, c’est le moyen pour certains d’avoir une vie correcte et de subvenir aux besoins de leur famille, pour d’autres l’accomplissement et l’épanouissement d’une ambition personnelle. Quoi qu’on en dise, le travail est indispensable pour une vie équilibrée. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous sont confrontés à la misère, au chômage, à la maladie et sont contraints de rester inactifs…
Le sujet auquel nous allons nous intéresser maintenant est la maladie dans le travail. La difficulté d’insertion pour les malades et les handicapés est grande malgré les règles qui régissent la matière. Nous nous contenterons présentement d’analyser le cas des salariés en poste, qui deviennent inaptes ou handicapés pendant leur vie active.
Comment une personne malade peut-elle se maintenir dans son emploi ? La maladie constitue souvent un grave handicap pour les salariés, il s’agira donc ici de s’interroger sur les diverses solutions qui s’offrent à eux.
Les textes
L’article L. 114-1 de la loi du 11 février 2005, relative à l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (1) donne une définition du handicap.
« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »
Il existe plusieurs règles pour le traitement des salariés devenus physiquement inaptes à leur emploi. La plus importante consiste dans l’obligation pour l’employeur de proposer au salarié un travail qui lui sera permis d’exercer en considération de son état de santé (article L. 122-24-4 du Code du travail).
Le médecin du travail
Si le salarié est malade mais qu’il peut travailler, il lui est conseillé de prendre rendez-vous avec le médecin du travail de son entreprise.
Le médecin du travail a pour mission d’éviter aux salariés toute altération de la santé du fait de leur travail. Le médecin du travail doit procéder à une étude du poste et des conditions de travail du salarié. Le médecin va ainsi pouvoir prendre en compte l’état de santé du salarié pour proposer des adaptations de l’emploi occupé.
L’employeur est tenu de l’écouter et de prendre les mesures nécessaires pour trouver une fonction adaptée au salarié nouvellement handicapé par sa maladie.
Le mi-temps thérapeutique
Le mi-temps thérapeutique est prévu par les articles L. 323-3 du Code de la Sécurité sociale et R. 241-51 du Code du travail.
Il s’agit pour le salarié de demander une activité à temps partiel. Sa demande doit impérativement être appuyée par son médecin traitant et le médecin de la Sécurité Sociale.
Le mi-temps thérapeutique permet au salarié de conserver son emploi, de percevoir son salaire, et une indemnité journalière qui compense la perte de son salaire du fait de sa réduction d’activité.
Pour en bénéficier, le salarié malade doit avoir été en arrêt maladie. Le mi-temps thérapeutique est une réadaptation à l’effort : il permet au salarié de travailler moins pendant un an (maximum) en vue de sa reprise à temps plein.
L’avantage du mi-temps thérapeutique est que l’on peut l’adapter à de nombreuses situations. Ainsi, il a déjà été accordé à une personne qui était en congé psychiatrique pendant 4 mois, à une jeune femme qui éprouvait des difficultés à se déplacer en raison de son état de santé…
Les Commissions des droits et de l’autonomie pour les personnes handicapées (CDAPH)
Les CDAPH ont été crées par la loi du 11 février 2005 (précitée). Elles résultent de la fusion des Commissions techniques d’orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) et des Commissions départementales d’éducation spéciale (CDES).
Elles sont compétentes pour reconnaître la qualité de travailleur handicapé. Quel est l’avantage pour le salarié ? Cette reconnaissance permet d’avoir accès à l’ensemble des mesures mises en place pour favoriser l’insertion professionnelle des handicapés.
Ainsi le travailleur handicapé fait reconnaître officiellement son aptitude au travail suivant ses capacités liées au handicap.
Tous les renseignements peuvent êtres obtenus dans les Maisons départementales des personnes handicapées.
L’association chargée de gérer le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH)
L’AGEFIPH a un vaste programme d’intervention : information et sensibilisation, conseil, maintien dans l’emploi, aide aux innovations, soutien et suivi de l’insertion des handicapés…
Pour le maintien dans l’entreprise, il arrive que l’AGEFIPH finance la mise en œuvre d’une solution d’adaptation (subvention de 5000 euros possible).
Le nombre de solutions offertes aux salariés malades et handicapés apparaît satisfaisant. Les organismes cités s’investissent pour venir en aide aux personnes qui en ont besoin. Chaque cas est particulier, aussi pour s’assurer de prendre la bonne solution, le salarié devra envisager toutes les solutions possibles, s’informer et prendre conseil pour choisir la meilleure, la plus adaptée à sa situation médicale et professionnelle.
Nous avons évoqué la maladie et le handicap au travail, aussi il apparaît pertinent à titre informatif de présenter le rapport récemment rendu sur l’aptitude médicale.
Vers une réforme du dispositif de l’aptitude médicale ?
Hervé Josselin, conseiller à la chambre sociale de la Cour de cassation a rendu, le 23 mars 2007, un rapport portant sur la réforme du dispositif d’aptitude au travail (2).
Il s’agit de redéfinir la mission du médecin de travail, de renforcer la protection sociale des salariés et d’instaurer un suivi médical tout en assurant le maintien de l’emploi des salariés.
La réforme avait déjà été amorcée par l’accord interprofessionnel du 18 décembre 2000 et la loi de modernisation sociale du 17 février 2002.
Mais il reste encore beaucoup à faire, un exemple : aujourd’hui, il existe une visite médicale de pré embauche par laquelle le médecin du travail déclare une personne apte ou inapte ou travail ; mais cela suffit-il ? une personne apte le jour de la visite, le sera t-elle encore plusieurs années plus tard ? La réponse est évidente et pourtant rien n’est prévu pour faciliter les démarches pratiques et juridiques.
Rappelons que la notion d’aptitude médicale n’est pas clairement définie par le Code du travail ; en effet, seuls décrets et jurisprudence de la Chambre sociale de la Cour de cassation permettent sa détermination.
Le médecin du travail a une mission essentielle, car si l’employeur veut licencier un salarié en raison de son état de santé, il doit impérativement avoir l’aval du médecin du travail.
Le salarié déclaré inapte dispose d’un droit au reclassement peu importe l’origine de son inaptitude (article L 341-10-1 du Code du travail).
Le contrôle de l’aptitude médicale français est défaillant. On le perçoit par les catastrophes liées à l’amiante, les problèmes musculaires mais aussi les pathologies psychosociales des salariés.
Le rapport a été réalisé afin d’améliorer la détection des inaptitudes et incompatibilités ; le but est d’informer et de prévenir des risques professionnels.
Le rapport a été transmis, pour étude, au Conseil Supérieur de la prévention des risques professionnels.
(2) Rapport Josselin
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